Artiste engagée

Ambi, une artiste engagée

Pour la rentrée 2022, la Galerie Vincent Bercker à Aix-en-Provence présente au mois de septembre une exposition sur la Peinture à Madagascar dans la première moitié du XXe siècle. Le public découvrira une trentaine de tableaux, aquarelles et dessins réalisés par les Grands Maîtres de la Peinture Malgache pendant la colonisation française (1896-1960). Ces artistes de l’Île Rouge maîtrisent parfaitement les différentes techniques de la peinture. Certains ont reçu l’enseignement français de l’École des Beaux-Arts ou des Ateliers d’Art Appliqué Malgache de Tananarive. Ces peintres se nomment Ramaharosoa, Ratody, Ratovo, Ralambo, Ramanakamonjy, Ranaivoson, Rahaniraka, Rakoto, Razafintseheno, Ramanda, Rasolomanitra, Rambinintsoa et Razanamaniraka. Les oeuvres exposées réalisées à Madagascar montrent des scènes de la vie quotidienne, des paysages et des portraits. Ce panorama de la peinture malgache à l’époque coloniale est une vraie invitation au voyage.

Vincent Bercker
Expert d’Art CNES – Arts de Madagascar

AMBI : Price Peace Please, 2014
Price Peace Please, 2015

Ambi est née en 1978 à Antananarivo, la capitale de Madagascar. De son vrai nom Ambinintsoa Andriankajarivelo, cette plasticienne est arrivée en France en 2000. Aujourd’hui, elle vit et travaille entre Marseille et Aix-en-Provence.

Après un Baccalauréat littéraire à Madagascar, elle a d’abord suivi des études d’architecture à Marseille, à Luminy, avant d’obtenir un Master 2 d’Arts plastiques à l’Université de Provence, à Aix-en-Provence. Depuis 2005, elle expose régulièrement en France et à l’étranger.

Utiliser le feu comme outil-matériau est une manière pour Ambi de participer à la sensibilisation de la lutte contre la déforestation ; une pratique hélas toujours fréquente à Madagascar. Elle souhaite ainsi montrer et prouver que ce feu n’est pas toujours destructeur, mais qu’il peut aussi être créateur.

Le questionnement sur la notion d’identité (« Qui suis-je ? D’où je viens ? ») occupe également une place majeure dans les œuvres d’Ambi. L’humain est d’ailleurs au cœur de son travail engagé de plasticienne.

Travailler avec le papier végétal « Antemoro » de Madagascar comme support permet à l’artiste de partager un savoir-faire et de garder un lien avec les artisans malgaches. Et surtout de participer à l’équilibre écologique de la forêt malgache, car ce papier est fait à partir de l’écorce d’un arbre appelé « avoha »  qui se régénère tout seul.